La légendaire Omega Railmaster CK 2914

Cette Omega est une légende à plusieurs titres. Née en 1957, elle fait partie de la non moins fameuse trilogie des montres "techniques" lancées par la marque de Bienne, à savoir le chronographe Speedmaster CK 2915 (pas encore professionnel à l'époque), la Seamaster CK 2913 (véritable montre de plongée) et elle-même la Railmaster CK 2914, destinées aux ingénieurs et autres personnes travaillant à proximité de champs magnétiques.

Le but visé par Omega était on ne peut plus clair si l'on en juge par la publicité de lancement. La Speedmaster (avec ses fonctions de chronographe), ciblait l'homme sportif, désireux de pouvoir mesurer les temps courts, les performances, ou le manager qui voulait contrôler la productivité de sa chaîne de production. La Seamaster s'adressait incontestablement aux amateurs ou professionnels de la plongée sous-marine, grâce à une nouvelle couronne à l'étanchéité accrue. Enfin la Railmaster, plus spécifique encore, se prévalait d'une résistance impressionnante aux champs magnétiques. En résumé, la trilogie des "techniques" d'Omega, ne s'adressait pas à Monsieur tout le monde, mais bien à un segment de marché incarné par l'Homme dynamique, performant qui devait pouvoir s'identifier fortement et affirmer son "créneau" selon le modèle porté. Les stratégies marketing de notre époque n'ont donc rien inventé à cet égard.

Concernant plus particulièrement la Railmaster, précisons qu'elle devait résister à des champs magnétiques d'environ 1000 Gauss. Techniquement, cette performance était possible grâce plusieurs particularités. Citons notamment la double boîte. La première en acier et la seconde (à l'intérieur de la première) en fer doux appelé Mumétal, insensible aux effets du magnétisme. Ce que ne dit pas la publicité, est que le cadran lui-même bénéficiait d'une épaisseur d'environ 1 mm contre 0.4 mm pour un cadran "normal".

Pour le collectionneur s'intéressant à ce trio des montres techniques d'Omega, la plus rare est sans conteste la Speedmaster CK 2915. Pour l'anecdote, il semblerait que même le Musée Omega de Bienne eut bien de la difficulté à s'en procurer un exemplaire. A notre connaissance, la CK 2915 que le visiteur du Musée peut aujourd'hui admirer derrière sa vitrine aurait été acquise auprès de l'auteur de "The Time Capsule", (ouvrage de référence consacré aux Omega Speedmaster), en échange de facilités pour collecter des informations officielles pour ses recherches à la source-même. Echange de bon procédé en l'occurrence, qui profite à tous.

La Railmaster, de son côté, est aussi une montre extrêmement rare à trouver en bon état et surtout entièrement d'origine et d'époque. Les vendeurs de montres de collection affectionnent d'ailleurs l'ambiguïté existant entre "montre entièrement d'origine" et "montre d'origine et d'époque". Il faut sur ce point rester vigilant. Car une montre peut être dite d'origine si toutes ses pièces proviennent bien de la marque, mais ne sont pas nécessairement destinées au modèle considéré, ou si ces pièces proviennent de modèles plus récents et ont été adaptées à votre précieux garde-temps. Chez Omega, il est possible de se faire certifier que le numéro de série du mouvement de votre montre correspond bien au modèle que vous avez en mains. Au-delà, vous ne disposez que des informations figurant dans certains ouvrages sérieux, récoltées auprès de collectionneurs avertis, et mieux encore provenant d'images d'époque (publicités, catalogues etc...). 

Les images de cette page sont celles d'une véritable Omega Railmaster d'origine et d'époque. Nous avons particulièrement mis en évidence sa couronne (la très recherchée NAIAD souvent remplacée lors de réparations par un couronne plus récente), et sur le fond de la boîte gravé du célèbre cheval marin commun aux trois modèles de la trilogie d'époque, lui aussi souvent disparu à la suite de polissages répétés, ou remplacé par des fonds de boîte plus récents. Remarquez également la large bague de tension de la glace ainsi que la parfaite préservation du tritium (matière liminescente légèrement radioactive et aujourd'hui interdite en horlogerie) du cadran et des aiguilles. Notre modèle, identifié par Omega, est précisément un 2914-4 SC animé par le calibre284 17 rubis. Il porte le numéro de série 16'942'202 et fut délivré le 28 novembre 1961 au Chili.

Autre aspect intéressant de la Railmaster, elle fut sans doute le précurseur (bien plus rare) d'autres modèles concurrents et plus connus comme la Rolex Millgauss ou la IWC Ingénieur. Nous sommes particulièrement heureux d'en posséder un exemplaire car voilà bien une montre sur laquelle vous trouverez peu d'informations de référence. A telle enseigne que même l'incontournable ouvrage "Omega SAGA" ne lui fait qu'une discrète allusion. Personne à notre connaissance, ne dispose de données fiables sur sa durée ou sa quantité de production. Si vous en avez....n'hésitez pas !

En résumé, l'Omega Railmaster (malgré son aspect plutôt banal) constitue une véritable pièce de collection tant par sa rareté que par le mystère qui l'entoure. Attention aux "rossignols" proposés sur le marché.

Extraits d'un catalogue de 1963

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